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Les
Bananiers
Faire le bon choix
Article rédigé par Patrick KLEIN le 20 septembre 2001.
Dernière révision le 18 septembre 2005.
Mon propos est ici de vous donner tous les
conseils dans le choix d'un bananier parmi les 30 espèces et sous-espèces
que nous produisons.
Ainsi, suivant le lieu, intérieur ou extérieur, auquel
vous le destinez, un choix entre les différentes espèces
devra être fait.
Pour faire simple, il est possible de classer les
bananiers en deux catégories
Les Bananiers sub-tropicaux rustiques qui, sous certaines conditions, peuvent être cultivés à
l'extérieur.
Les Bananiers tropicaux
d'intérieur (gélifs) qui doivent
être cultivés à l'intérieur ou pour certains, sortis sur
une terrasse ou un balcon durant l'été.
Nous vous proposons de lire nos
conseils pour la culture des bananiers
Les Bananiers sub-tropicaux rustiques
Les zones sub-tropicales du
globe s'étendent sur une bande au sud du tropique du
cancer et au nord du tropique du capricorne. Un lieu
d'altitude en climat tropical peut également posséder
une végétation sub-tropicale.

Dans ces régions, poussent
quelques espèces de bananiers qui possèdent une bonne
résistance naturelle au froid et au gel. Ils peuvent
être plantés dans toutes les régions non montagneuses de
France. Leur souche (Rhizome) résiste, sous réserve
d'une protection, à des températures très largement
négatives.
Dès les premières gelées blanches automnales, les
feuilles et les faux troncs brunissent et sèchent en
recouvrant d'eux-mêmes la souche (c'est ce qui se passe
dans la nature). Dans nos jardins, nous pourrons
parfaire cette protection naturelle en paillant
largement.
Si votre région est très pluvieuse, vous pourrez
recouvrir le tout d'un film en plastique en laissant
quelques ouvertures sur les côtés pour la circulation de
l'air et ainsi éviter la condensation. C'est en effet la
conjugaison du froid et de l'humidité qui provoque
quelquefois la pourriture des racines.
Dès le printemps, de nombreuses nouvelles pousses vont
apparaître. Il faudra alors ôter le film en plastique et
aérer un peu la paille sans la retirer complètement. Dès
que les gelées matinales seront écartée, vous dégagerez
complètement la souche et décompacterez le sol par un
léger griffage. L'arrosage devra alors être plus
soutenu. Ces bananiers rustiques sont incroyablement
vigoureux. Ils peuvent atteindre plusieurs mètres de
hauteur dans la même saison. Très gourmands, vous
veillerez à leur apporter un engrais de fonds à base de
fumier d'algues composté (facile à trouver dans le
commerce) Vous pourrez compléter par un engrais soluble
universel à diluer dans l'eau d'arrosage ou un engrais
spécial bananiers que vous trouverez en vente ici à
notre
boutique engrais.
La plupart des bananiers rustiques possèdent de grandes
feuilles plus ou moins fines. Donc, attention à
l'exposition ; Le vent peut en effet provoquer une
lacération du feuillage qui rends la plante
plus disgracieuse. Tous ces bananiers s'accommodent
parfaitement d'être plantés au pied d'un mur avec une
exposition sud.
Nous cultivons ici 10 variétés (plus exactement espèces
ou sous-espèces) de bananiers rustiques dont les
températures minimales de conservation (que vous
retrouverez dans le tableau ci-dessous) s'échelonnent de
-19°C à -5°C. Ces températures s'entendent avec une
protection de paille de la souche)
Suivant votre région, un
éventuel microclimat, et votre goût du type de
végétation, vous ferrez votre choix en sachant que les
deux dernières espèces Musa sp. Rajapuri et Musa sp.
Chini Champa sont des variétés très récentes
d'introduction en France. Nous les cultivons seulement
depuis un an et nous n'avons pas pu tester leur réelle
résistance au gel. Dans leur région d'origine (montagnes
himalayennes) ils sont connus comme étant très
rustiques. La température de -5°C est donnée à titre
indicatif et par soucis de précaution. Ils sont très
probablement beaucoup plus résistants.
Nous
expédions ces bananiers non gélifs tout au long de
l'année. La meilleure période d'installation en pleine
terre se situe entre le 15 mai et le 15 septembre.
Suivant la saison, nous coupons le feuillage avant
expédition car les feuilles sont très fragiles et ne
supportent généralement pas le transport. Ces plantes
sont de croissance très rapide et le feuillage se
reconstitue en quelques semaines.
Les bananiers tropicaux
d'intérieur
(gélifs)
Toutes les autres espèces
cultivées ici peuvent être classées dans cette
catégorie. Ces bananiers originaires des zones
tropicales ne supportent pas la culture à l'extérieur en
France métropolitaine. Certains peuvent éventuellement
être sortis durant la saison estivale et seulement pour
des sites très abrités.
La culture des
bananiers
Généralités et historique :
L'étymologie de son nom scientifique : Musa
semble s'expliquer ainsi : Linné aurait dédié cette plante à
un médecin vivant à l'époque de la Rome antique : Antonio
Musa. Il existe environ 50 espèces de bananiers originaires
des régions tropicales et sub-tropicales (Asie du Sud-est,
Australie et Afrique)
Les bananiers sont des plantes herbacées souvent arborescentes
et rhizomateuses à une ou plusieurs tiges qui ne fleurissent
qu'une seule fois chacune. Le Pseudo-tronc, appelé parfois
comme pour les palmiers "Stipe" peut mesurer quelques
dizaines de centimètres à plusieurs mètres de hauteur. Les
feuilles longues et larges souvent brillantes sont arrangées en
spirale ; La base est engainante. L'inflorescence terminale
émerge des gaines de feuilles en grappe retombantes ou en épi
érigé. Les bractées sont souvent colorées. Les fruits sont
des baies charnues allongées et regroupées sous le nom de
régime. Les fruits des bananiers de cultures vivrières
possèdent peu ou pas de graines contrairement aux espèces
ornementales.
Le bananier apporte une note d'exotisme incomparable. C'est une
plante puissante à croissance rapide au feuillage persistant.
Je distingue généralement, et pour simplifier 2 grands
groupes: les Bananiers pour cultures vivrières, et les
bananiers ornementaux. Le premier groupe nous intéressera moins
ici, mais le second peut également posséder des espèces
fructifères très intéressantes même pour notre climat
d'Europe du Nord. A l'intérieur de ce second groupe
appelés Bananiers ornementaux, j'ai l'habitude également de le
séparer en deux sous catégories : les Bananiers tropicaux et
les Bananiers sub-tropicaux. Moins par leur aspect respectif,
c'est leur résistance au froid qui les distinguent les uns des
autres.
Les
bananiers ornementaux tropicaux doivent être cultivés en
serre, en véranda, en jardin d'hiver et éventuellement en
appartement (sous certaines conditions expliquées plus bas) Ils
ne résistent généralement pas à des températures
inférieures à +10°C et le gel leur est souvent fatal. Les bananiers ornementaux sub-tropicaux, malheureusement
beaucoup moins nombreux, possèdent naturellement une
résistance au froid et bien souvent au gel, pourvu qu'ils
disposent d'une protection hivernale. Ils peuvent être plantés
en pleine terre dans toutes les régions de France
métropolitaine de moyenne altitude. Leur résistance au gel
varie entre -10 et -19°C. Certains auteurs avançant même des
températures plus basses encore.
Pour bien choisir un bananier : TropicaFlore s'est fait une de ses spécialités dans la
culture des bananiers ornementaux et leur acclimatation. Nous
cultivons ici de nombreuses espèces (plus d'une vingtaine) et
nous réalisons de nombreux échanges et effectuons de nombreux
semis. Cette passion s'étend à des plantes dont la
végétation ressemble beaucoup aux bananiers comme les
Strelitziaceae. Nous cultivons également l'Arbre du voyageur Ravenala madagascariensis originaire
de Madagascar mais également son petit frère de Guyane le Ravenala guyannensis ainsi que l'étonnant Phenakospermum guyannensis.
Proche
du genre Musa dont il est souvent amalgamé, nous
cultivons le genre Ensete dont le plus connu et le plus
cultivé est Ensete ventricosum. Vous trouverez
ci-dessous la liste des bananiers que je cultive actuellement :

Les bananiers ornementaux tropicaux : Musa
acuminata 'Giant Cavendish' Musa acuminata 'Dward' Musa
acuminata 'Super Dwarf Cavendish' Musa balbisiana Musa
coccinea Musa coccinea 'Red Flowering Thai' (Musa)
Ensete glaucum (syn. M. E. wilsonii) (Musa) Ensete superbum (Musa)
Ensete ventricosum 'Maurelii' (Musa) Ensete
ventricosum Musa ornata 'Red Salmon' Musa ornata
'Standard Lavendar' Musa x paradisiaca Musa velutina Musa
violacea Musa zebrina 'Rojo'
Les genres apparentés :
Musella lasiocarpa Phenakospermum guyannensis Ravenala
madagascariensis Ravenala guyannensis
Les bananiers ornementaux sub-tropicaux : Musa
basjoo Musa basjoo x hybridum Musa
basjoo sp. Saporro
Musa
basjoo sp. Sakhalin
Musa hookeri (syn. M.
sikkimensis)
Musa sp. Yunnan
Ces bananiers sub-tropicaux peuvent être cultivés à l'extérieur en
pleine terre. Leur résistance au gel varie de -10 à -19°C.
Dimensions : La dimension des bananiers est très variable d'une espèce à l'autre. Les variétés naines (Dwarf) comme Musa acuminata 'Dward' ou Musa acuminata ' Super Dwarf Cavendish' ne dépassent pas 60 à 80 cm de haut et représentent des plantes idéales pour l'appartement à condition de leur apporter certains soins indispensables (voir plus bas) Les espèces comme Musa coccinea, Musa coccinea ' Red Flowering Thai', Musa ornata ' Red Salmon', Musa ornata ' Standard Lavendar', Musa velutina, Musa violacea, Musa zebrina ' Rojo' dépassent rarement 1.5 mètre de haut. Tous les autres sont à grands développement et doivent être réservés aux grandes vérandas, jardins d'hiver ou même en pleine terre sur le littoral méditerranéen (ou atlantique sous réserve qu'ils soient protégés du gel éventuel)
Tous les bananiers sub-tropicaux, qui peuvent être cultivés à l'extérieur, peuvent l'être également à l'intérieur ; Mais ce sont des géants, souvent dépassant 5 mètres de haut.
Rempotage : Les bananiers sont des plantes puissantes très gourmandes. Vous pouvez limiter sensiblement leur croissance en limitant également la grandeur du contenant. Il faut généralement des rempoter tous les deux ans dans un pot ou un bac plus grand d'une taille seulement dans un mélange riche composé d'une part de terreau horticole, d'une part de terre
de jardin, d'une part de fumier très décomposé (genre "Or Brun") et d'une part de pouzzolane (ou à défaut de sable de rivière).
Si votre plante ne peut plus être rempotée (bac trop grand par exemple) contentez-vous de le surfacer en adoptant cette méthode que j'utilise depuis de nombreuses années et qui me donne toute satisfaction : Attendez que la surface du substrat soit sèche sur plusieurs centimètres. Avec un aspirateur assez puissant (genre bidon), aspirez le mélange en surface en vous aidant d'une fourchette pour gratter délicatement toute la surface sur plusieurs centimètres (5 à 10) Évitez d'abîmer les racines superficielles. Lorsque la surface est bien dégagée, mettez du mélange neuf, arrosez, laisser le tout se tasser et ajouter à nouveau du terreau neuf jusqu'au même niveau que précédemment.
Arrosage : Sous nos latitudes on peut considérer que les bananiers sont en période végétative du 15 janvier au 15 octobre. A cette période de l'année les arrosages doivent être
abondants pour culminer entre mai et août. Le substrat (terreau) ne doit pas se dessécher, il doit rester humide en permanence. Le pot de culture doit être convenablement drainé (couche de billes d'argiles au fond par exemple) afin que l'eau en excès s'écoule librement. Ne pas mettre de soucoupes afin d'éviter l'asphyxie des racines et le pourrissement du rhizome. Évitez l'utilisation de bacs à réserve d'eau. Pour améliorer la capacité du drainage et éviter que la couche drainante ne soit progressivement colmatée par le substrat, j'utilise du voile de forçage (polyéthylène non tissé) plié en quatre que je dispose sur la couche drainante. Avec l'arrosage au pied, il faut associer une pulvérisation régulière avec de l'eau tempérée douce de préférence
L'adition de fer soluble (séquestrène) dans l'eau de
pulvérisation est également employé pour lutter contre
le jaunissement, principalement en fin de saison.
Nutrition : Les bananiers cultivés en pot doivent être nourris convenablement. Un engrais équilibré de type 20+20+20+OE (correspond à la formule NPK soit 20% d'Azote (N) / 20% de Phosphore (P) / 20% de Potassium (K) et quelques oligo-éléments. Les jardiniers les plus experts préfèreront un engraissage modulé en fonction de l'age de la plante et de la végétation et de l'époque de l'année. Plus riche en phosphore lorsque le sujet est très jeune, plus riche en Azote lorsque la plante fait ses feuilles, plus riche en potassium lorsque la plante fait son régime. Vous trouverez également à la boutique TropicaFlore, un engrais à libération prolongée spécialement formulé pour les bananiers.

Exposition : Les bananiers aiment le soleil direct. Mais certaines espèces comme M. coccinea, M. ornata, M. velutina, M. violacea, M. zebrina ont un feuillage fragile qu'il convient de protéger du soleil direct d'autant qu'ils sont généralement cultivés en serre ou véranda (le verre ou le plastique fait loupe) et provoque des tâches de brûlures qui sont disgracieuses.
Température : Les Bananiers tropicaux ne supportent pas les températures trop basses. +10°C semble être pour beaucoup la température minimale de conservation. Ici dans les serres, nous conservons l'hiver (du 15/10 au 15/01) nos bananiers à une température de +5°C mais nous réduisons l'arrosage et coupons tout le feuillage en haut du faux tronc.
Multiplication : Les bananiers se multiplient assez facilement par séparation des rejets et par semis. Pour les semis, je vous conseille de lire mon article que vous trouverez sur ce site. Pour la multiplication végétative, je vous conseille la technique suivante. Vous aurez à procéder avec beaucoup d'hygiène,
de préférence au début du printemps lorsque la végétation
redémarre. Les nouvelles plantules doivent avoir une hauteur de 10 cm minimum. Dépotez la plante et placez la suivant son envergure dans un seau ou une brouette. Lavez à l'eau courante (non glacée) tout le système racinaire afin d'éliminer le plus de terreau possible. Localisez les bébés bananiers et voyez s'ils possèdent leurs propres racines.
Si cela est le cas coupez avec un couteau désinfecté préalablement à l'alcool
au niveau du petit pont qui relie la plante mère de la plante fille. Répétez l'opération sur les éventuels autres rejets. Afin de favoriser d'une part la cicatrisation et d'autre part le redémarrage de la végétation, trempez toutes les plantes (la plante principale et les rejets) dans un seau rempli d'une solution d'hormones de transplantation (genre Transplantone de Vilmorin) pendant 30 minutes environ. Vous pouvez ajouter un fongicide à raison de 1 gr/l. Rempotez ensuite toutes les plantes séparément dans des godets avec un substrat de culture
composé d'une part de terreau horticole, d'une part de terre de jardin, d'une part de fumier très décomposé (genre "Or Brun") et d'une part de pouzzolane (ou à défaut de sable de rivière). Placez les pots de préférence sur une couche chaude de façon à permettre l'apparition rapide de nouvelles racines.
Culture des Bananiers en appartement :
Nous avons vu que les bananiers tropicaux étaient d'excellentes plantes pour véranda. Dans un appartement, ils souffrent principalement de l'air trop sec. Une bonne méthode consiste à cultiver vos plantes sur un large plateau rempli de pouzzolane et de quelques morceaux de charbon de bois. Ajoutez de l'eau de façon à saturer tous les graviers et posez vos bananiers dessus. La chaleur naturelle de l'appartement va provoquer une lente évaporation et créer ainsi un micro climat tropical sans préjudice pour votre mobilier. Il faut, bien entendu rajouter de l'eau de temps en temps lorsque vous verrez la pouzzolane se dessécher en surface. Cette technique, très efficace permet de cultiver ainsi de très nombreuses plantes tropicales.
Culture des Bananiers à l'extérieur en pleine terre :
Les espèces sub-tropicales peuvent être cultivées à l'extérieur
dans de nombreuses régions françaises. La résistance au gel de
leur souche (rhizome) se situe entre -10°C et -20°C. L'hiver, le
feuillage disparaît dès -2°C, Les plus grosses tiges et les
racines doivent être protégées du froid et de l'humidité avec de
la paille bien sèche. Un
plastique étanche sera
utilisé pour emmailloter le tout. C'est généralement la
conjonction du froid et de l'humidité qui fait dépérir la
plante. Un froid sec, même vif, n'est pas préjudiciable ; Aussi,
dans les régions très pluvieuses, est-il préférable d'installer un
toit en pente au-dessus des souches pour éviter que l'eau ne
s'accumule au niveau des racines.
Un bon drainage du fonds de la fosse de plantation est également
recommandé. Suivant les régions, les

meilleures périodes de
plantation sont le printemps et l'automne. Creusez en terre un
trou aussi large que profond du triple du volume de la motte.
Disposez au fonds du trou une épaisse couche de pierres ou débris
de poteries pour le drainage. Vous pouvez recouvrir cette couche
drainante d'un feutre géotextile pour éviter le colmatage. Le
mélange de plantation devra être riche et drainant : 20 % de terre
de jardin, 20 % de terreau horticole, 20 % de fumier très
décomposé (genre Or brun) et 20 % de sable grossier non calcaire.
Le choix de l'exposition est important, car les bananiers
sub-tropicaux ont une croissance extrêmement rapide en hauteur.
Suivant les espèces, il n'est pas rare qu'ils atteignent 4 à 6
mètres. Comme les feuilles sont minces, le vent peut les découper
en lanières et ainsi rendre la plante disgracieuse. Protégez vos
bananiers des vents dominants, évitez de les planter au milieu
d'une pelouse, préférez une plantation en bordure d'un mur ou d'un
muret.
Durant la saison estivale, vous devrez arroser copieusement et
apporter un engrais complet dès le début du printemps et la
reprise de la végétation. Ces bananiers, s'ils bénéficient de
chaleur, peuvent fleurir et fructifier facilement. Vous serez
alors étonné de l'architecture de cette fleur, assez inhabituelle.
Malheureusement les fruits ne sont pas comestibles. Comme pour
tous les bananiers, la tige ayant porté la fleur meure quelques
temps après, mais la plante étant très cespiteuse, de nombreux
rejets apparaissent au pied. Vous pouvez choisir de les laisser en
place et ainsi former une touffe qui peut devenir imposante ou
séparer les rejets pour les replanter à d'autres endroits (ou les
offrir.....enfin pas trop !!!). Les racines des bananiers ne sont
pas envahissantes et donc sans danger pour les constructions
alentour.
L'aspect très exotique des bananiers de jardin, leur longévité,
leur résistance au froid, en font des plantes très recherchées,
même pour les petits jardins. De nombreuses autres espèces comme
les Ensete (famille très proche des Bananiers) peuvent être
installés en pleine terre pour toute la belle saison. Ils devront
être arrachés, rempotés et abrités si la température chute vers -3°C.
La
protection hivernale des bananiers de jardins :
Nous avons vu que les espèces d'origines sub-tropicales
possédaient une souche souterraine (rhizome) pouvant résister à
des gels importants sous réserve de leur apporter une protection
efficace. Suivant les régions le type de protection sera différent
: d'un simple voile d'hivernage (pour les régions au climat doux)
à un paillis très épais. Vous trouverez plus bas sous la forme
d'un petit reportage photographique une opération de protection
d'une touffe de Musa basjoo 'Sapporo' dans mon jardin d'essai.
Ces bananiers ont été installés en juin 2001 au pied d'un mur. Ils
avaient été multipliés par voie végétative en août 2000 puis
cultivés ici en pot de 1 litre. Leur hauteur à la plantation était
de 80 cm environ. En septembre 2002 ils mesuraient environ 2
mètres. Vous pouvez cliquez sur les images pour les agrandir.
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Dès la première nuit de gel, le
feuillage s'affaisse complètement. Cette situation
est irrémédiable et il est temps d'intervenir pour
un nettoyage et une protection de la souche |
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Avec
l'aide d'un couteau, je coupe les tiges à 80 cm du
sol pour y voir clair. Dans des régions plus
douces que la mienne, cette hauteur de coupe
serait optimale ; Mais ici en Seine et Marne, je
choisis de rabattre plus énergiquement. |
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Je
poursuis donc la coupe pour ne laisser que 20 cm
de tige. Je constate que le gel à fait brunir les
pétioles les plus extérieurs mais que le coeur de
la tige est bien vert et sain. Je pulvérise un
fongicide de type "Aliette" en insistant sur la
coupe (dosé à 1 g/l) |
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Je
recouvre très largement toute la touffe d'une
épaisse couche de paille sèche. Il est nécessaire
de bien aérer la paille et de ne pas tasser. Il
faut éviter absolument l'utilisation d'un matériau
humide. Je n'utilise jamais de feuilles mortes car
elles sont souvent contaminées. |
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J'utilise un plastique épais et
hermétique pour créer comme un gros pansement. Le
tout doit être largement bombé afin que les eaux
de pluie ruissèlent à l'extérieur de la touffe. Je
conseille de laisser quelques ouvertures dans le
sens des vents dominants afin de créer une
aération naturelle. Il faut en effet éviter au
maximum une fermentation de la paille. |
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Je
maintiens la toile en place grâce à des crochets
métalliques que nous confectionnons avec du fil de
fer épais. La protection idéale ne doit pas
laisser l'eau de pluie s'infiltrer dans la paille,
mais l'étanchéité au niveau du sol ne doit pas
être parfaite afin d'éviter trop de condensation
et de fermentation de la paille. |
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Voici
le type de crochet que nous utilisons pour
maintenir au sol les toiles de protection. Le
grand côté de 25 cm est fiché profondément en
terre. Le petit côté fonctionne comme une agrafe. |
La
paille est un "matériau" naturel très isolant. Dès les premiers
beaux jours, vous pourrez relever la toile plastique, vous
constaterez que le coeur de chaque tige aura poussé de plusieurs
centimètres, signe d'un redémarrage de la végétation. De nouvelles
tiges apparaîtront également directement du rhizome. C'est pour
cette raison qu'il est important de ne pas trop tasser la paille,
les jeunes pousses de l'année doivent pouvoir commencer à croître
sans être déformés. Vous pourrez ôter
définitivement la
protection lorsque les risques de gel auront disparus.
apportez un engrais de fonds et reprenez progressivement les
arrosages (si le temps est sec). Durant la saison estivale, la
souche ne doit pas manquer d'eau et d'engrais. En veillant à un
bon engraissement, vous verrez vos bananiers culminer dans l'année
à une hauteur de 2 à 4 mètres (suivant les espèces et le climat
local).
Si
vous habitez une région où il ne gèle pas, la protection est
inutile. Ces bananiers de jardin fleurissent et fructifient
lorsqu'ils ont fait environ 20 feuilles (soit sur 2 ans dans de
bonnes conditions) les fruits ne sont pas comestibles mais très
décoratifs. Musa basjoo et ses sous-espèces ne font pas de
graines. Musa sikkimensis donne de grosses graines anguleuses au
pouvoir germinatif très faible. Musa sp. Yunnan donne des graines
à la taille assez irrégulière mais avec un fort taux de
germination.
Les maladies et parasites des bananiers : Ces plantes, bien que peu sensibles aux maladies et parasites, souffrent généralement d'erreur de culture, la plus fréquente étant la pourriture du rhizome provoqué par un arrosage hivernal trop abondant (quelquefois des températures trop basses ou un courant d'air froid aggrave la situation) . Les bananiers
sont en période de repos végétatif généralement entre le 15/10 et le 15/02. A cette période de l'année il faut réduire les apports d'eau et proscrire les soucoupes sous les pots. Un début de pourriture du rhizome se manifeste par les jaunissements du feuillage, y compris les jeunes feuilles, puis par un brunissement. Dans un pareil cas, il faut stopper les arrosages et mettre le pot de la plante au chaud pour favoriser l'évaporation de l'eau en excès. Vous devrez attendre le printemps pour, lors du rempotage, effectuer un nettoyage des racines mortes (généralement noires et molles) et tremper toute la motte dans une solution de fongicide pendant 10
minutes. A l'opposé de cette situation, un jaunissement des feuilles inférieures est normal et suit la pousse d'une nouvelle feuille. Les feuilles âgées vont jaunir puis sécher en devenant brunes. A ce moment là vous devrez les couper au ras de la tige (ou du faux tronc) avec un cutter ; je vaporise toujours une solution de fongicide sur la tige après ces opérations de
nettoyage. Les bananiers peuvent également être attaqués par les cochenilles farineuses qui sont facilement identifiables par de petits amas bancs aux revers des feuilles. Si elles sont peu nombreuses vous pouvez les retirer à la main avec un papier humide ; sinon pulvérisez un anti-cochenille sous forme huileuse afin de les asphyxier définitivement.
Plus rarement, les bananiers peuvent être attaqués par les araignées (jaunes ou rouges), qui sont de minuscules insectes à peine visible à l'œil nu et qui tissent des toiles à l'intérieur des pétioles. Un acaricide en vient généralement à bout mais il est toujours préférable de prévenir l'apparition de ces redoutables insectes en augmentant l'humidité ambiante et en bassinant très régulièrement le
feuillage. Vous pouvez rencontrer (surtout pour les cultures sous serre ou véranda) des problèmes de nécrose annulaires des feuilles. Mis à par un choc mécanique, ces taches jaunes ou brunes sont généralement dues à des brûlures par les rayons directs du soleil ; dans ce cas, il faut penser à ombrer légèrement la
plante. Une croissance ralentie de la plante en période estivale, signe généralement un épuisement du terreau. Les bananiers sont très gourmands et il faut fertiliser régulièrement. Enfin, un manque d'aération peut chez certaines espèces provoquer un allongement excessif de la plante, qui devient de ce fait disgracieuse. J'ai rencontré ce phénomène essentiellement chez Musa zebrina 'Rojo' et Ensete ventricosum 'Maurelii'.
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Me joindre au sujet de l'article : Notice de culture des bananiers |